Masquage de goût : l’atout observance

Le masquage de goût notamment grâce aux arômes et édulcorants : un moyen d’accroître l’observance des traitements. Cette solution est fréquemment utilisée dans l’OTC.

Médicament pédiatrique : et si la palatabilité était une histoire de palais ?

L’observance est aujourd’hui un enjeu de santé publique car chaque année, 100 000 hospitalisations pourraient être évitées grâce à une meilleure observance des prescriptions. Si on regarde de plus près les raisons d’inobservance, le mauvais goût est évoqué comme une raison majeure, et ce particulièrement chez l’enfant La palatabilité, définie comme l’appréciation globale d’un médicament par voie orale en fonction de ses propriétés organoleptiques (apparence, goût, arrière-goût, sensation en bouche, texture, etc.) s’avère cruciale dans l’acceptabilité d’une forme orale et par conséquent dans le bon suivi du traitement. La couleur, la taille, le nom des médicaments sont aussi d’autres facteurs pouvant intervenir dans « l’efficacité ressentie » et donc dans l’observance. Un manque d’observance d’un traitement peut remettre en cause son efficacité et donc amoindrir les résultats attendus.

C’est la raison pour laquelle les laboratoires se penchent de plus en plus sur cette palatabilité (goût, sensation en bouche, texture, etc.) considérée comme importante dans l’adhésion de la prise des médicaments, d’autant plus lorsque les principes actifs ont un goût désagréable. 

S’assurer que le traitement pédiatrique a une palatabilité acceptable est un élément clé des Plans d’Investigation Pédiatriques (PIPs) et celle-ci doit être évaluée au cours des études cliniques. Des efforts restent à faire puisque ces études d’acceptabilité sont en général réalisées tardivement après le développement de la formulation.

Dans ses recommandations de juin 2012 sur le médicament pédiatrique, l’Académie Nationale de Pharmacie recommandait que « les firmes pharmaceutiques collaborent avec des laboratoires d’analyse sensorielle pour que les études de palatabilité effectuées scientifiquement selon les règles éthiques apportent les informations nécessaires ». Elle demandait également que les formulations « utilisant des excipients réellement inertes pour l’enfant », ainsi que de nouvelles méthodologies permettant l’évaluation du goût virtuellement chez l’enfant soient développés.

Goût et OTC : l’un ne va pas sans l’autre

A côté de la pédiatrie, l’OTC est aussi un domaine où l’acceptabilité du médicament est importante car le patient devient de plus en plus exigeant. Le patient veut être soigné, mais pas à n’importe quel goût. 

Dans les phases de formulation, l’industrie pharmaceutique utilise principalement les arômes, les édulcorants et l’enrobage des particules de principes actifs pour masquer, ou tout au moins atténuer, le mauvais goût des médicaments. 

Le besoin en arôme dépend avant tout de la forme galénique, les comprimés secs et gélules en nécessitent moins que les comprimés orodispersibles, effervescents et toutes les formes orales liquides, solutions buvables et sirops.

L’étude du patient cible permet de déterminer les besoins en matière d’arôme du médicament en fonction de divers critères comme la zone géographique, les habitudes alimentaires**. Selon une étude récente réalisée en Europe il ressort que les notes sucrées à base de banane et caramel sont plébiscitées par les enfants. Tout comme pour l’industrie agroalimentaire, la mise au point de médicaments sur prescription et en vente libre (OTC) peut s’appuyer sur des tests consommateurs pour valider l’acceptabilité d’un produit. Le patient tend aujourd’hui à avoir les mêmes exigences pour les médicaments que pour des produits de grande consommation.

Les médicaments pédiatriques et/ou OTC, en plus d’être des formes faciles d’utilisation et prêtes-à-l ’emploi (tels que les formes orodispersibles : stick pack liquide / poudre et comprimés orodispersibles), doivent aussi intégrer la notion de goût agréable. Mais, même si le patient est considéré comme un consommateur à part entière, l’objectif n’est pas de faire du médicament une confiserie, notamment pour des raisons de sécurité. Mettre les patients au centre des préoccupations de l’Industrie Pharmaceutique doit contribuer à optimiser l’observance des patients des plus jeunes aux plus âgés.

 

Sources :

https://www.gerpac.eu/formes-galeniques-pediatriques-pour-la-voie-orale-etudes-de-palatabilite
https://www.acadpharm.org/dos_public/Recommandations_mEdicaments_pEdiatriques_VF_2012.06.14.pdf 
https://www.industriepharma.fr/aromes-l-otc-a-le-gout-du-consensus,44388 
https://cdn-www.chu-nice.fr/assets/site/presse/cpmela.pdf 
https://www.lareponsedupsy.info/ObservanceTherapeutique 
https://www.lemoniteurdespharmacies.fr/ressources/upload/imgnewspha/depot/synthese-observatoire-observance.pdfobservance.pdf  
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https://www.ema.europa.eu/en/documents/scientific-guideline/reflection-paper-formulations-choice-paediatric-population_en.pdf
** Etude GSK-UNITHER réalisée en 2018 sur un échantillon de 5000 personnes issus de 5 pays européens